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Points de l'accompagnateur et infraction en conduite accompagnée : qui paie vraiment ?

22/07/2026
Points de l'accompagnateur et infraction en conduite accompagnée : qui paie vraiment ?
Infraction en conduite accompagnée : c'est votre permis qui perd des points — barème et conseils pour accompagnateurs

Votre enfant s'apprête à démarrer la conduite accompagnée et une question vous taraude : en cas d'infraction commise par l'apprenti, est-ce votre permis qui trinque ? La réponse est sans détour : oui, dans la majorité des cas, ce sont bien les points de l'accompagnateur qui sont menacés lorsqu'une infraction est commise en conduite accompagnée. Et pour cause, l'apprenti ne possède pas encore de permis. Chez ALLEZ HOP, auto-école installée au Neubourg, nous accompagnons chaque jour des familles dans le dispositif AAC et cette interrogation revient systématiquement avant le premier kilomètre parcouru. Voyons ensemble qui est juridiquement responsable, quelles sanctions concrètes sont encourues, et comment protéger votre capital de points tout en formant un futur conducteur serein.

Ce qu'il faut retenir
  • L'accompagnateur est le « conducteur légal » : tout retrait de points frappe son permis, sauf s'il désigne l'apprenti comme conducteur effectif en cas de radar (article R.223-3 du Code de la route — aucun point n'est alors retiré à quiconque puisque l'apprenti n'a pas de permis).
  • Les limitations de vitesse applicables en AAC sont inférieures aux limites classiques : 80 km/h sur route, 100 km/h sur voie rapide et 110 km/h sur autoroute — c'est sur ces seuils que sont calculées les infractions.
  • L'accompagnateur est soumis au seuil d'alcoolémie de 0,5 g/L de sang, tandis que l'apprenti au volant est soumis au seuil réduit de 0,2 g/L — un dépassement expose l'apprenti à une amende de 135 €, 6 points retirés sur son futur permis et une suspension pouvant aller jusqu'à 3 ans.
  • À l'issue de l'AAC, le permis probatoire ne dure que 2 ans (contre 3 ans en filière classique), avec un gain de +3 points par an sans infraction, permettant d'atteindre 12 points en 2 ans — ces avantages disparaissent dès la première infraction entraînant un retrait de points.

L'accompagnateur : véritable « conducteur légal » aux yeux du Code de la route

Cela peut surprendre, mais l'apprenti qui tient le volant n'est pas reconnu comme conducteur autonome au sens juridique. L'article L121-1 du Code de la route pose un principe clair : la maîtrise légale du véhicule est imputée à l'accompagnateur, et non à l'élève. Concrètement, c'est vous — parent, proche ou ami désigné — qui endossez le rôle de conducteur responsable pendant toute la durée de la séance de conduite accompagnée.

La conséquence est directe. L'apprenti ne disposant d'aucun capital de points, aucun retrait ne peut lui être appliqué. Toute perte de points frappe donc exclusivement le permis de l'accompagnateur. Un feu rouge grillé, un excès de vitesse, un stop non respecté : dans chaque situation, c'est votre solde de points qui diminue.

Qui peut être accompagnateur ? Attention au casier judiciaire

Avant même de prendre place à côté de l'apprenti, encore faut-il être légalement autorisé à exercer ce rôle. Certaines condamnations inscrites au casier judiciaire interdisent formellement d'être accompagnateur, sans aucun barème d'appréciation : homicide ou blessures involontaires, conduite sous l'emprise de l'alcool, délit de fuite, refus d'obtempérer, ou encore conduite sous le coup d'une suspension ou d'une annulation de permis. Un proche qui souhaite accompagner l'apprenti doit impérativement vérifier ce point avant de s'engager dans le dispositif.

À noter : si plusieurs accompagnateurs interviennent au cours de la formation (père, mère, autre proche), chacun d'entre eux doit être inscrit nommément dans le livret d'apprentissage et avoir reçu l'accord préalable écrit de la compagnie d'assurance. En cas de contrôle avec un accompagnateur non déclaré dans le livret, le programme AAC peut être suspendu et l'assurance est en droit de refuser toute couverture en cas d'accident.

Points de l'accompagnateur : le mécanisme varie selon le mode de détection de l'infraction

Radar automatique : le piège du paiement sans contestation

Tout dépend de la façon dont l'infraction est constatée. Si un radar automatique flashe le véhicule, l'avis de contravention est adressé au titulaire de la carte grise par présomption administrative. Si ce dernier paie sans contester, il reconnaît implicitement l'infraction et perd automatiquement des points sur son propre permis. C'est l'article R.223-3 du Code de la route qui encadre ce mécanisme : le retrait de points ne peut intervenir que sur le permis de « l'auteur de l'infraction ». Autrement dit, si l'apprenti est désigné comme conducteur effectif par le titulaire de la carte grise et que l'apprenti n'a pas de permis, aucun point ne peut être retiré à quiconque — ni à l'accompagnateur, ni à l'apprenti.

Mais voici un conseil essentiel : ne payez jamais une amende radar sans vérifier. Le titulaire de la carte grise — ou l'accompagnateur — peut désigner l'apprenti comme conducteur via le formulaire de contestation, en joignant une copie du livret d'apprentissage. Un cas concret documenté illustre parfaitement cette procédure : un apprenti flashé au feu rouge a été désigné comme conducteur. Résultat : l'apprenti a réglé l'amende de 90 €, et aucun retrait de points n'a été appliqué ni à l'accompagnateur ni à l'apprenti, puisque ce dernier n'a pas de permis.

Contrôle routier : trois situations de mise en cause directe

La situation diffère lors d'un contrôle routier direct. Les forces de l'ordre identifient l'élève comme conducteur physique et l'accompagnateur comme superviseur légal. La responsabilité de l'accompagnateur est alors engagée dans trois situations concrètes reconnues : (1) incitation volontaire de l'apprenti à commettre une infraction ; (2) défaut de surveillance manifeste ayant conduit à une infraction dangereuse ou à un accident ; (3) présence d'un accompagnateur qui n'a pas été régulièrement désigné dans le livret d'apprentissage et validé par l'assureur, et qui a néanmoins pris place à côté de l'apprenti.

Exemple concret : Nathalie Berrué, mère d'un apprenti de 16 ans dans l'Eure, s'est retrouvée dans une situation délicate : c'est son frère, non déclaré dans le livret d'apprentissage ni auprès de l'assureur, qui accompagnait son fils lors d'un trajet un dimanche matin. Contrôlé par la gendarmerie, le programme AAC de l'apprenti a été immédiatement suspendu. Nathalie a dû refaire toutes les démarches administratives auprès de la préfecture et de l'assureur pour que son fils puisse reprendre sa formation, retardant l'ensemble du calendrier de plusieurs semaines.

Infractions courantes : le barème concret des sanctions sur le permis de l'accompagnateur

Prenons des exemples parlants. Un feu rouge grillé entraîne un retrait de 4 points sur le permis de l'accompagnateur. Pour les excès de vitesse, le barème s'échelonne ainsi :

  • Excès inférieur à 20 km/h : retrait d'1 point + amende de 135 €
  • De 20 à 29 km/h : retrait de 2 points + amende de 135 €
  • De 30 à 39 km/h : retrait de 3 points + amende de 135 €
  • De 40 à 49 km/h : retrait de 4 points + amende de 135 €
  • Dépassement de 50 km/h ou plus : retrait de 6 points + amende pouvant atteindre 1 500 € + suspension de permis jusqu'à 3 ans + confiscation possible du véhicule

Des limitations de vitesse spécifiques à l'AAC souvent méconnues

Un détail crucial est souvent méconnu : ces excès sont calculés par rapport aux limitations spécifiques à l'AAC — 80 km/h sur route (au lieu de 90), 100 km/h sur voie rapide (au lieu de 110) et 110 km/h sur autoroute (au lieu de 130). Illustration concrète : rouler à 135 km/h sur autoroute ne représente qu'un dépassement de 5 km/h pour un conducteur expérimenté, mais un dépassement de 25 km/h au-delà de la limite de 110 km/h applicable à un apprenti. La catégorie de sanction change radicalement.

Conseil : gardez à l'esprit qu'un excès de vitesse inférieur à 30 km/h n'entraîne pas le retrait du livret d'apprentissage par le préfet et n'interdit pas à l'apprenti de se présenter à l'examen du permis B (articles R413-14 et R211-3 du Code de la route). Seule une amende forfaitaire de 4ᵉ classe s'applique dans ce cas. En revanche, au-delà de ce seuil, les conséquences administratives s'alourdissent considérablement.

Alcool et stupéfiants : un risque pénal majeur pour l'accompagnateur

Le seuil de l'accompagnateur : 0,5 g/L

Ce volet est particulièrement sévère. Les articles L234-1 et L235-1 du Code de la route prévoient explicitement que les dispositions relatives à la conduite sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants s'appliquent à l'accompagnateur d'un élève conducteur. Même si vous ne tenez pas le volant, vous pouvez être soumis à un test d'alcoolémie ou de dépistage à tout moment lors d'un contrôle.

Le seuil légal applicable à l'accompagnateur est de 0,5 g/L de sang, identique à celui d'un conducteur expérimenté. En cas de dépassement, les sanctions sont lourdes : amende pouvant atteindre 4 500 €, retrait de 6 points, suspension de permis de 6 mois minimum — pouvant aller jusqu'à un an ou davantage — et jusqu'à 2 ans d'emprisonnement. Les experts recommandent toutefois le zéro alcool absolu, car l'accompagnateur doit pouvoir reprendre le volant à n'importe quel instant.

Le seuil de l'apprenti au volant : 0,2 g/L

Attention, le taux d'alcoolémie applicable à l'apprenti conducteur au volant en AAC est bien inférieur : 0,2 g/L de sang, soit le seuil applicable à l'ensemble des conducteurs en période probatoire. Un dépassement de ce seuil expose l'apprenti à une amende forfaitaire de 135 €, un retrait de 6 points (sur le futur permis ou le permis probatoire une fois obtenu), et une suspension pouvant atteindre 3 ans. Ce seuil de 0,2 g/L est à ne surtout pas confondre avec le seuil de 0,5 g/L applicable à l'accompagnateur : les deux personnes à bord du véhicule sont soumises à des règles différentes.

La conséquence est immédiate : si l'accompagnateur perd son permis ou se voit suspendu, il ne peut plus légalement exercer ce rôle. Un nouvel accompagnateur doit alors être désigné, remplir toutes les conditions légales — notamment cinq ans de permis B sans interruption et l'absence de condamnation interdisant cette fonction — et obtenir l'accord écrit de l'assureur.

Quand la responsabilité personnelle de l'accompagnateur est directement engagée

Responsabilité pénale et assurance : les pièges à éviter

Certaines situations dépassent le cadre des sanctions classiques. Si vous incitez l'apprenti à commettre une infraction — presser l'allure, brûler un feu, ignorer une priorité — votre responsabilité pénale personnelle est engagée, au-delà de la simple perte de points. Un défaut de surveillance manifeste ayant conduit à une infraction dangereuse ou à un accident relève du même registre.

Côté assurance, la responsabilité civile du véhicule couvre les victimes en cas d'accident. Cependant, une faute grave peut entraîner une franchise majorée, un refus de remboursement des dégâts sur votre propre véhicule, voire la résiliation du contrat. Et si le véhicule n'a pas été déclaré auprès de l'assureur pour la pratique de l'AAC, l'assurance peut tout simplement refuser toute indemnisation.

Apprenti mineur : le juge des enfants entre en scène

Côté apprenti, les conséquences sont également réelles. Chaque infraction commise est inscrite dans le livret d'apprentissage, document transmis à la préfecture. En cas de délit grave, un juge peut interdire à l'apprenti de se présenter à l'examen du permis pour une durée allant d'un mois à plusieurs années. Le préfet peut également retirer le livret d'apprentissage dès lors que l'infraction est punie de la peine complémentaire de suspension de permis (un excès de vitesse inférieur à 30 km/h ne permet toutefois pas ce retrait, conformément aux articles R413-14 et R211-3 du Code de la route), ce qui suspend immédiatement toute la phase de conduite accompagnée.

En cas de délit grave commis par un apprenti mineur, il n'existe pas de barème automatique de sanctions. C'est le juge des enfants qui statue au cas par cas, en évaluant la gravité des faits, la personnalité du jeune, et surtout la part de responsabilité de l'accompagnateur liée à un éventuel défaut de surveillance. L'accompagnateur peut ainsi être directement mis en cause dans ce type de procédure.

De plus, si l'apprenti commet une infraction grave pendant l'AAC et qu'une trace subsiste dans son dossier préfectoral, cette information peut le pénaliser au moment de souscrire une assurance automobile après l'obtention de son permis, et supprimer les avantages tarifaires liés à la filière AAC dont bénéficient habituellement les jeunes conducteurs issus de la conduite accompagnée. L'enjeu dépasse donc largement la seule phase d'apprentissage.

À noter : le véhicule utilisé en AAC doit obligatoirement être équipé d'un double rétroviseur intérieur et du macaron « conduite accompagnée » apposé à l'arrière. L'absence de cet équipement peut fragiliser la position de l'accompagnateur en cas d'accident ou de contrôle, et constitue un manquement aux conditions légales d'exercice du dispositif. Pensez à vérifier ces éléments avant chaque séance !

Les bons réflexes pour protéger vos points et accompagner en toute légalité

Quelques habitudes simples permettent d'éviter bien des tracas. Assurez-vous d'abord que le livret d'apprentissage est à jour et présent dans le véhicule lors de chaque séance. Son absence lors d'un contrôle oblige l'apprenti à se rendre en préfecture pour vérification de son autorisation.

Mémorisez les limitations spécifiques à l'AAC : 80, 100 et 110 km/h. Ce sont elles — et non les limites ordinaires — qui servent de référence pour calculer les infractions vitesse. Vérifiez également, avant la toute première séance, que votre assureur a donné son accord écrit pour la pratique de la conduite accompagnée — et ce pour chaque accompagnateur déclaré. Sans ce document, vous roulez sans filet.

Enfin, ne sous-estimez jamais votre propre état physique et mental. Si vous êtes fatigué ou stressé, reportez la séance. Un accompagnateur épuisé ne peut pas assurer la vigilance constante exigée par son rôle légal d'encadrement. Ce défaut de surveillance peut être retenu contre vous en cas d'accident ou d'infraction grave.

Conseil : avant la première séance, créez une check-list « départ AAC » que vous garderez dans la boîte à gants : livret d'apprentissage à jour, accord écrit de l'assureur, double rétroviseur intérieur installé, macaron « conduite accompagnée » visible à l'arrière, et zéro alcool pour les deux occupants. Cette simple routine de 30 secondes vous évitera bien des ennuis en cas de contrôle.

ALLEZ HOP vous accompagne à chaque étape de la conduite accompagnée au Neubourg

Comprendre la question des points de l'accompagnateur en cas d'infraction pendant la conduite accompagnée, c'est déjà faire preuve de responsabilité. Et cette responsabilité, chez ALLEZ HOP au Neubourg, nous la partageons avec vous. Notre auto-école, fondée par Caroline Biget, propose un accompagnement personnalisé pour la conduite accompagnée (AAC) dans un cadre bienveillant et moderne. Nous prenons le temps d'expliquer aux familles chaque aspect du dispositif — droits, obligations, bonnes pratiques — pour que l'expérience soit aussi formatrice que sereine.

Un permis probatoire avantageux grâce à l'AAC

Rappelons que les candidats issus de la filière AAC affichent un taux de réussite de 75 % à l'examen pratique, contre 58,2 % en moyenne nationale. Mais les bénéfices ne s'arrêtent pas là : à l'issue de la formation, l'apprenti reçoit un permis probatoire de 6 points valable 2 ans seulement (contre 3 ans pour la filière classique), avec un gain de +3 points par année sans infraction. Résultat : le capital de 12 points est atteint en 2 ans au lieu de 3 en filière classique. Ces avantages disparaissent toutefois dès qu'une infraction entraînant un retrait de points est commise pendant la période probatoire — raison de plus pour adopter les bons réflexes dès la phase d'apprentissage.

Si vous êtes dans la région du Neubourg et souhaitez inscrire votre enfant en conduite accompagnée ou obtenir des réponses précises sur vos responsabilités d'accompagnateur, n'hésitez pas à nous contacter. L'équipe ALLEZ HOP est à votre disposition pour vous guider à chaque kilomètre.